Souvent, lors d'un moment innportum, j'écris dans ma tête des paragraphes dont je n'arrive pas à me souvenir plus tard. Ils sont pourtant bien précis, importants, mais ils ne reviennent jamais. J'ai oublié comment me souvenir. Mais je me remémore bien ces derniers mois dans l'oubli de ma chambre. Assise ou couchée sur mon lit, le regard vide, ou alors rempli de désespoir. Les mots m'ont échappés, le but de vivre tout autant. Le mur, mon interlocuteur auquel je ne pouvais même plus exprimer ma profonde envie d'être écoutée est resté comme un ami et m'a contemplée comme une oeuvre d'art qu'on ne peut pas vraiment critiquer puisqu'elle n'a aucun sens. Il a été mon public. Il en aurait des choses à vous dire.
Je les dégueule ces mots. Ces sons qui dérivent sous la même note, toujours, sous mes doigts, au contact du clavier. C'est un grand problème de communication que de ne pas savoir parler ces mots qu'on vomit à l'intérieur. Il y a eu ce... Grand Amour! Ce grand échec, puis cette dépression. Le mot est lourd, le mot aurait du être muet. Je saurais me prendre moi-même plus au sérieux si je ne le hurlais pas comme une tentative de suicide. Je ne sais pas quels mots sont bons à dire. Je ne sais pas quand me taire, je parle toujours. Je ne dis rien vraiment. Je souris beaucoup trop, ou alors c'est un signe de compassion, de fierté pour ce qu'il reste de moi. Ça n'enlève rien au fait que la souffrance est demeurrée comme une barrière, un obstacle de mille pieds qu'on ne contourne pas.

